La Pêche au Sénégal

 

La pêche artisanale et industrielle

Pirogue au senegal
Au plan économique et social, le secteur de la pêche joue un rôle important dans l’économie du Sénégal. Il contribue en effet pour environ 2% du PIB national. La valeur commerciale des produits a atteint 185 milliards de francs CFA en 2007. Il génère environ 600 000 emplois directs et induits, et 1 600 000 à 2 000 000 personnes sont dépendantes de la pêche maritime. La pêche continentale quant à elle occupe environ 30 à 50 000 personnes. L'aquaculture elle, intéresse 2000 personnes.



Pêche à l'épervier au senegal En effet, le Sénégal dispose d’un plateau continental de 196000 km2, d’un littoral de 718 km de côtes réputées parmi les plus poissonneuses du monde. Par ailleurs, le pays recèle un réseau hydrographique dense :

le fleuve Sénégal (1700 km), avec cinq principaux affluents
le fleuve Gambie long 1150 km dont 477 km en territoire sénégalais
le fleuve Casamance (350 km)
le fleuve Siné Saloum (130 Km)


A ces cours d’eau s’ajoute plusieurs lacs naturels et artificiels, des marigots et des bassins de rétention.


Arrivée des pêcheurs à Mbour au Sénégal
La pêche continue de jouer un rôle capital dans l’alimentation des populations avec une contribution moyenne de près de 70% aux apports nutritionnels en protéines d’origine animale (FAO, 2007).

La zone maritime sénégalaise se caractérise par une grande diversité biologique. Les ressources exploitées comprennent quatre groupes dont les caractéristiques bioécologiques et l’importance socio-économique sont différentes. Il s’agit des ressources pélagiques hauturières, côtières, démersales côtières et profondes.


Débarquement de pélagique au Sénégal Les ressources pélagiques hauturières : Toute la filière thonière sénégalaise et la pêche sportive reposent sur les ressources pélagiques hauturières.

Les ressources pélagiques côtières (plus de 70 % des prises réalisées dans la Zone Economique Exclusive Sénégalaise). Elles constituent l’essentiel des captures de la pêche artisanale ainsi que la part la plus importante de la consommation annuelle per capita en poisson des populations sénégalaises.

Les ressources démersales côtières : comprennent principalement les crustacés (crevettes côtières, langouste, crabe, notamment), et la plupart des poissons dits nobles du Sénégal (soles, rouget, capitaines, mérous, dorades, notamment), des céphalopodes (poulpe).

Elles supportent l’essentiel des opérations de pêche des chalutiers industriels et des embarcations de la pêche artisanale en raison de leur forte valeur marchande à l’exportation et sont à la base des activités de la plupart des industries de transformation et d’exportation installées au Sénégal.

Les ressources démersales profondes (crevettes, merlus) sont presque exclusivement pêchées par des chalutiers.


Réparation d'un filet de pêche Les mises à terre de la pêche artisanale ont enregistré une tendance à la hausse de 25% de 2000 à 2007. Cette évolution s’explique cependant par le fait que les captures piroguières débarquées au Sénégal proviennent de plus en plus des zones de pêche des pays voisins. De même, la valeur des exportations des produits halieutiques a fortement soutenu l’équilibre de la balance des paiements.

 

Graphique sur la pêche artisanale au Sénégal

Graphique de 1990 à 2007 informant sur (source : DPM) :
- l'évolution des débarquements de la pêche artisanale et industrielle
- l'évolution des consommations en frais
- l'évolution du nombre de navires de la pêche industrielle (chalutiers, thoniers et sardiniers)

La pêche industrielle avec aujourd'hui moins de 150 navires contre plus de 300 en 1998 suit elle, une tendance inverse.


Pêche à la ligne au Sénégal

Les grands écosystèmes mondiaux d’upwelling

Upwelling = remontée d’eaux froides profondes des océans le long de certains littoraux Départ d'une pirogue de pêcheur au Sénégal

Quatre grands systèmes d’upwelling bordent les façades Ouest des grands continents. En Atlantique, il s’agit des écosystèmes de Courant de Bengale dans l’hémisphère Sud (sur de l’Angola, Namibie, Afrique du Sud) et du courant des Canaries dans l’hémisphère Nord (Maroc, Mauritanie, Sénégal et Gambie). Dans le Pacifique, il s’agit du courant de Humboldt dans l’hémisphère Sud (Pérou et Chili) et du courant de Californie dans l’hémisphère Nord (USA et nord du Mexique).



Enfants du Dénégal Les écosystèmes d’upwelling fournissent plus de 40 % des captures de pêcheries mondiales alors qu’ils représentent moins de 3 % de la surface de l’océan. Les upwellings sont provoqués par des vents qui induisent des remontées d’eaux profondes, froides et chargées en sels minéraux. Ils sont à l’origine d’un apport important d’éléments nutritifs dans la couche homogène qui va permettre de développer et de maintenir une forte production biologique dans la zone côtière, mis à part les apports par les fleuves. Ce potentiel productif est beaucoup plus important que celui existant dans les zones océaniques où la grande part des apports en sels minéraux provient de la régénération de la matière organique.

Actuellement, ces écosystèmes supportent les effets du changement climatique et ceux de la réorganisation des pêcheries mondiales.

L’écosystème d’upwelling

Départ d'une pirogue de pêcheur au Sénégal Sous l’action des vents issus des centres de haute pression (anticyclones) localisés aux latitudes moyennes sur les océans, une résurgence de surface (ou upwelling) d’eau froide profonde et riche en sels nutritifs se développe sur les plateaux continentaux. Son intensité est modulée par la force et la direction du vent, par la topographie de la côte et du plateau continental et par les caractéristiques océaniques environnantes.

En effet, l’arrivée de sels nutritifs dans la couche de surface éclairée par le soleil (zone photique) permet le développement de nombreux organismes phytoplanctoniques qui sont à la base de ce qui est communément dénommé la chaîne alimentaire. Cette chaîne, supposée aller du phytoplancton aux prédateurs supérieurs en passant par le zooplancton, d’autres invertébrés, des mollusques et des poissons, est en fait un réseau tropique maillé et complexe.


Pêcheur en pirogue devant grande vague

Le courant des Canaries

Pêcheur sénégalais levant l'ancre
On distingue trois grandes régions dans l’écosystème du courant des Canaries : La côte nord marocaine avec un upwelling saisonnier en été ; La côte sud marocaine et nord mauritanienne (désert Sahara) avec un upwelling permanent ; La côte sud mauritanienne et du Sénégal avec un upwelling en hiver (de novembre à mai)

Pirogue du Sénégal devant océan Cette partie du système est caractérisée par une variabilité saisonnière extrême, avec une alternance entre un écosystème sous influence tropicale en été et un écosystème sous influence d’un upwelling côtier en hiver. Dans la partie sud de la région (côte du Sénégal), l’adaptation de la pêche artisanale lui a permis de tirer profit de la migration saisonnière de nombreuses espèces. Sur une plus longue période, l’histoire des pêcheries ouest-africaines semble avoir été épargnée par des effondrements brutaux comme ceux rencontrés dans les autres systèmes.

Sources : IRD